Produire son eau chaude sanitaire (ECS) grâce à son poêle à bois de masse

Trouver un appareil de chauffage autonome pouvant répondre à tous les besoins thermiques de la maison n’est plus une idée sans rapport avec la réalité.

Se chauffer, cuisiner, produire son eau chaude sanitaire, avec un poêle de masse, le tout sans électricité, est un concept innovant et low-tech.

Même si les besoins en eau chaude ne sont pas proportionnels aux besoins de chauffage, il s’agit là d’une véritable alternative pour faire un pas vers l’autonomie et indépendance énergétique.

Le concept est génialissime, mais dans certains cas, pas magique 😁 ; on vous explique tout !

poêle de masse terre

Le cadre et le concept d’un poêle de masse bouilleur

Que vous soyez 2 ou 4 personnes dans le foyer, vous aurez toujours besoin d’une certaine quantité de bois pour obtenir une certaine quantité d’eau.

Modèle PM600 : jusqu’à 100 L d’eau chaude par flambée de 2 h, avec 9 kg de bois, pour 1/2 journée de chauffage par rayonnement*
Modèle PM800 : jusqu’à 150 L d’eau chaude par flambée de 2 h, avec 15 kg de bois pour 1 journée de chauffage par rayonnement*

Prenons l’exemple de l’inter-saison, où les besoins en chauffage sont différents de l’hiver :

Il ne fait pas très froid, juste un peu humide, vous ressentez le besoin de brûler qu’une seule demi-charge de bois (7.5 kg de bois pour le PM800 ou 4.5 kg pour le PM600).

En brûlant deux fois moins de bois, opération simple, vous aurez deux fois moins d’eau chaude produite – sauf si votre installation est couplée à du solaire thermique… 😉

Si vous n’avez pas opté pour une installation solaire, la résistance électrique du ballon que nous fournissons permet de compléter la production d’eau chaude naturelle – jusqu’à 75 L pour un ballon de 200 L, 100 L pour un ballon de 300 L.

Prenons l’exemple inverse :

Vous recevez de la famille à Noël, deux personnes supplémentaires.

Votre maison aura toujours besoin de sa flambée de 9 ou 15 kg de bois pour être convenablement chauffée.

Cependant, la flambée ne pourra pas créer plus d’eau chaude que les valeurs de production maximales sus-citées ; vous devrez partager vos 100 ou 150 L d’eau chaude avec vos invités.

Brûler plus n’apportera pas davantage de confort thermique, un peu plus d’eau chaude ; la pierre ayant atteint son accumulation maximale, les fumées chaudes partirons illico presto dans le conduit de fumées 🙁

Dans ce cas-ci le solaire en plein hiver pourra compenser, si l’ensoleillement le permet… ou l’autre alternative est de mettre sur secteur la résistance électrique du ballon.

Deux installations hydrauliques possibles : le thermosiphon et le thermovar

Le thermosiphon

Sur le principe, cette installation produit de l’eau naturellement et sans recours à l’électricité, mais demande une configuration poêle/chauffe-eau précise.

Le ballon doit être plus haut que le poêle de masse : c’est-à-dire dans son axe (tolérance +/- 3 mètres), à la verticale, à l’étage supérieur.

L’acheminement de l’eau dans le ballon est assurée par les différences de températures : l’eau chaude étant plus légère que l’eau froide, celle-ci monte naturellement dans le chauffe-eau.

Que se passe-t-il en cas de panne d’électricité ? Vous avez du chauffage, de l’eau chaude (sauf par le solaire) et vous pouvez continuer à cuisiner, pâtisser, profiter de votre installation en toute sécurité ! 😎

L’installation en thermovar

Cette installation est envisagée lorsqu’il n’y a pas de possibilité de placer dans le même axe le poêle de masse et le chauffe-eau (comme vu pour le thermosiphon).

Le ballon se trouve au même niveau ou inférieur que le poêle, dans une buanderie par exemple.

L’installation en thermovar n’est pas autonome ; elle nécessite de l’électronique pour forcer la circulation de l’eau jusqu’au ballon.

En cas de panne d’électricité, la circulation des fluides est emprisonnée dans le poêle de masse, toute l’installation se met sous pression et la soupape de sécurité s’enclenche pour refroidir le bouilleur.

Que se passe-t-il en cas de panne d’électricité ? L’utilisation du poêle de masse bouilleur pendant une panne électrique est impossible.

Nous attirons votre attention sur la complexité d’usage et de réglage de cette installation, vous pouvez préférer un chauffe-eau solaire indépendant du poêle pour garder votre indépendance en chauffage et cuisson.

Fonctionnement du bouilleur dans le poêle de masse

La solution la plus efficace que nous ayons trouvée pour fabriquer de l’eau chaude avec nos appareils a été d’intégrer un échangeur = bouilleur dans l’accumulateur de chaleur.

Celui-ci se trouve exactement entre la chambre de combustion et la sortie de fumées.

C’est un endroit stratégique pour ne pas détériorer la qualité d’accumulation ni la qualité de combustion.

Nous avons deux d’échangeurs différents, nommés : ECS200, ECS300.

Les échangeurs sont dimensionnés selon le modèle du poêle adapté au projet ainsi que du type de configuration de l’installation de chauffage :

  • ECS200 est adapté aux PM600 pour des ballons hygiéniques de 100 à 200 L et une installation en thermosiphon (pas de thermovar avec un PM600) ;
  • ECS300 est adapté aux PM800 pour des ballons hygiéniques de 200 à 300 L et une installation en thermosiphon ou en thermovar.

Limites d’un poêle de masse bouilleur

Tout en passant dans le système de chicanes de l’accumulateur de chaleur, les fumées de combustion chauffent l’eau circulant dans l’échangeur.

Cet échange dure le temps d’une flambée de 2 h en moyenne.

Le succès du chauffage par poêle de masse réside en 3 points : le niveau d’isolation de la maison homogène et efficace, une position centrale de l’appareil autant que faire se peut [quitte à re-créer un conduit de fumées], un volume raisonnable à chauffer (< à 500 m3).

Le succès du bouilleur est inter-dépendant des conditions éprouvées par le poêle de masse lui-même et s’inscrit dans une démarche de sobriété.

Le poêle de masse est un appareil de chauffage au bois qui brûle rapidement et à feu vif, en une seule flambée et sans rechargement, tout le bois nécessaire au chauffage de la maison.

Vouloir en faire une chaudière pour créer un maximum d’eau chaude, n’est donc pas cohérent.

* selon volume, niveau d’isolation de la maison, qualité du bois, et dureté de l’hiver en cours